Il n'existe pas en France d'étude épidémiologique et beaucoup de chiffres annoncés sont le fruit d'extrapolations plus ou moins hasardeuses. Cette situation reflète notre difficulté à prendre conscience de ce fléau et à nous donner les moyens d'en prendre la véritable mesure. C'est une tâche à laquelle il faudra nous atteler.
En Allemagne (pays comparable au nôtre en ce qui concerne l'état de la population vieillissante) des études extrêmement détaillées ont été faites et méritent d'être prises en compte. Même si elles ne sont pas celles de la population française, elles sont beaucoup plus fiables et peuvent nous fournir des indications précieuses.
Aux États-unis d’Amérique, certains organismes comptabilisent 45 % de la population atteinte par une déficience auditive, mais ils prennent en compte les surdités dites légères (20 % de perte auditive), ce qui n’est pas le cas en France, par exemple, où l’on ne comptabilise que 15 à 20 % de la population concernée par la surdité !
En France, on estime à sans doute 9 000 000 les malentendants qui pourraient bénéficier d'une aide auditive. Ainsi nous n'aurions qu'à peine 10 % de la population des malentendants qui se serait procurée des prothèses (sans compter celles qui seraient abandonnées dans un tiroir !).
Des pays comme la Hollande, la Suisse ou surtout le Danemark font beaucoup mieux que nous. Le tableau qui précède indique pour huit pays européens, le nombre d'aides auditives vendues par milliers d'habitants. Seules l'Italie et la Belgique font un peu plus mal que la France.
En Allemagne, on a recensé douze millions de malentendants avec au moins une moyenne de 40 dB de perte, c'est-à-dire présentant une gêne sociale déjà marquée. Deux millions sept cent mille prothèses auditives ont été vendues ces dix dernières années ce qui représente 25 % de la population de malentendants qui pourraient bénéficier d'un appareillage bilatéral. Une remarque nous montre une défaillance du système allemand, c'est la faible proportion d'appareillage bilatéral (20 % de l'ensemble).
Aux États-Unis, dans ce pays de plus de 280 000 000 d'habitants 2 500 000 prothèses sont vendues dont 75 % font partie d'un appareillage bilatéral. Ces chiffres indiquent un taux de pénétration de 23 %.
Au Danemark, le taux de pénétration dépasse 50 % et les appareillages sont pratiquement toujours bilatéraux.
On ne peut pas s'empêcher de s'interroger sur les mauvais résultats français : Il y aurait (mais les chiffres sont discutables) 9 000 000 de malentendants et seulement 900 000 personnes appareillées. Dans 40 % des cas, l'appareillage est bilatéral. Ces résultats indiquent un taux de pénétration de seulement 10 %. Nous ne délivrons que 400 000 prothèses par an.
Les conséquences de ces mauvais résultats sont importantes et méritent d'être analysées. Heureusement et logiquement d’ailleurs, plus la surdité est sévère plus les réhabilitations sont bonnes !
Les faits sont là : selon l'importance de l'atteinte, la correction varie :
• surdités sévères, 70% sont corrigées,
• surdités moyennes à sévères, 20 % sont corrigées,
• surdités légères, 6 % seulement sont corrigées.
Si, sans même considérer les progrès de la médecine de demain et ceux réalisés ou à réaliser dans la fabrication et la mise en place sur mesure des prothèses auditives actuelles, nous arrivions à monter la France au niveau de l'Allemagne ou mieux encore du Danemark,
nous sortirions du malheur plusieurs millions de Français.
Quels sont les obstacles à vaincre pour réussir à atteindre l'objectif qui nous fait rêver et que nous nous promettons d'atteindre ?